Un appel à l’action simple et urgent : rétablissez le radar de vitesse sur King Edward
Par Stéphanie Plante, Conseillère, Quartier 12 (Rideau-Vanier)
Le 13 janvier, plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées au centre communautaire de la Côte-de-Sable pour discuter de l’avenir des services de police de quartier à Ottawa dans le cadre des consultations sur la sécurité et le bien-être communautaires. Les réunions, organisées avec le Service de police d’Ottawa et des partenaires communautaires, ont porté sur la prévention, l’intervention en cas de risque et ce à quoi devrait ressembler une police efficace au niveau des quartiers.
Si ces conversations et ces réunions sont importantes, elles mettent également en évidence une contradiction avec laquelle les villes de l’Ontario sont contraintes de composer. Le gouvernement provincial veut que nous discutions de prévention et de sécurité, mais il intervient ensuite pour supprimer des outils très efficaces déjà en place pour atteindre précisément ces objectifs.
En 2025, le radar automatique situé sur l’avenue King Edward, dans le quartier 12, était le plus performant d’Ottawa, et ce depuis plusieurs années. Ce n’est pas parce que les habitants de la Basse-Ville sont imprudents. En fait, la plupart des habitants du quartier 12 ne possèdent pas de voiture. C’est parce que King Edward est un corridor à fort trafic et à haut risque où piétons, cyclistes, usagers des transports en commun, gros camions et automobilistes se croisent à chaque minute de chaque jour. Les données nous ont permis de déterminer précisément le risque, et le radar a fonctionné comme prévu : il a ralenti la circulation et influé sur les comportements.
Mais en octobre 2025, le gouvernement Ford a décidé de retirer les radars de vitesse dans toute la province. Les municipalités et les communautés n’ont pas été consultées à ce sujet. Cette décision a été imposée par la province. Les données locales, les plans de sécurité locaux et les réalités locales ont été mis de côté au profit d’un discours politique qui présentait la surveillance automatisée comme injuste ou punitive plutôt que comme ce qu’elle est réellement : un outil de sécurité publique.
Comme on pouvait s’y attendre, après le retrait des caméras, les excès de vitesse ont augmenté, non seulement à Ottawa, mais dans toute la province. Cela ne devrait surprendre personne. Des décennies de recherche montrent que les radars réduisent la vitesse moyenne, diminuent le nombre de collisions graves et sauvent des vies. Ils le font discrètement, de manière constante et sans partialité. Ils ne reposent pas sur la discrétion. Ils n’aggravent pas les incidents. Ils ne détournent pas les policiers des appels plus urgents.
Et la police ne peut pas surveiller la circulation 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Ce n’est pas une critique du maintien de l’ordre. C’est une réalité liée aux capacités. Même le modèle de police de quartier le plus solide ne peut pas placer des agents sur toutes les artères routières, à toute heure du jour. Les caméras comblaient cette lacune.
Pire encore, la législation provinciale actuelle ne permet même pas aux municipalités d’utiliser ces caméras comme outils de surveillance passive. Les villes ne peuvent pas collecter de données continues sur la vitesse pour comprendre où les risques augmentent. On nous demande de gérer la sécurité routière tout en nous privant de la capacité à la mesurer.
C’est ainsi que les résidents finissent par organiser eux-mêmes des « fêtes radar » pour collecter des données. Le 16 janvier, je me suis jointe aux membres de l’Association communautaire de la Basse-Ville, de Vision Zéro Ottawa et de Bike Ottawa au coin des rues King Edward et St. Andrew pour collecter des données sur les voitures et les camions qui passaient, afin de vérifier s’ils respectaient la limite de vitesse à l’aide de radars fournis par Vision Zéro. Les médias étaient présents pour interroger les participants et nous avions des pancartes pour encourager les automobilistes à ralentir.
Même si l’ambiance était festive, nous ne devrions pas avoir à nous tenir sur les trottoirs pour combler les lacunes laissées par les niveaux supérieurs du gouvernement. C’est certes civique, mais c’est aussi le signe d’une défaillance du système. La sécurité routière ne devrait pas dépendre de la capacité des bénévoles ou des privilèges des quartiers. La majorité des résidents de la Basse-Ville n’ont pas le temps de participer à ces activités.
L’appel à l’action est simple et urgent. La province doit rétablir le contrôle automatisé de la vitesse et donner aux municipalités le pouvoir de l’utiliser, y compris la possibilité de collecter et d’analyser les données relatives à la vitesse. Pour en savoir plus sur Vision Zéro Ottawa, rendez-vous sur : https://visionzeroottawa.ca
Pour discuter de cette question ou d’autres sujets avec moi, consultez mon site web pour obtenir la liste complète des dates et des lieux des Heures de quartier 2026, au cours desquelles je me rendrai dans les petites entreprises du quartier tous les deux vendredis après-midi, de 14 h à 16 h. Dans le quartier de la Basse-Ville, je serai notamment à la boulangerie Orange Turtle le 27 mars, chez Happy Goat Rideau le 8 mai et chez Oh So Good le 5 juin.
